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Le site web de restaurant qui remplit des tables

28 juillet 2026
Xavier PeichPar Xavier Peich

Menu en PDF, heures périmées, réservation introuvable : les quatre tâches d'un site de restaurant, la symbiose avec Google et la mécanique des commissions.

Le site web de restaurant qui remplit des tables

Un site de restaurant n'a que quatre tâches : montrer le menu, dire quand vous êtes ouvert, permettre de réserver, donner envie de venir. La plupart des sites de restaurants que nous croisons en conception web échouent dès la première, la plus simple des quatre, parce que le menu est un fichier PDF.

Ce n'est pas une question de budget. Un restaurant peut remplir ses tables avec un site d'une seule page bien faite, et rester à moitié vide avec un site coûteux plein de vidéos d'ambiance. La différence tient à quelques décisions concrètes, et à une compréhension honnête de l'endroit où vos clients décident : de plus en plus souvent, sur votre fiche Google, avant même d'avoir vu votre site.

Voici les quatre tâches, la symbiose avec Google, et la mécanique réelle des commissions de livraison et de réservation.

La réponse courte, pour les pressés

Un site web de restaurant a quatre tâches : un menu publié en texte HTML avec les prix, lisible par Google et par un téléphone, jamais en PDF seulement ; des heures d'ouverture exactes et identiques sur le site et sur la fiche Google, y compris les jours fériés ; un chemin de réservation visible dès le premier écran, module de réservation ou numéro cliquable ; et des photos réelles de vos plats et de votre salle, pas des images génériques. Le site travaille en tandem avec la fiche d'entreprise Google, où une grande partie des clients décident sans jamais visiter le site. Au Québec, la Charte de la langue française exige de plus un menu en français (article 51). Quant aux plateformes de livraison, elles prélèvent de 20 à 29 % de chaque commande livrée au Canada selon le forfait (tarifs affichés de DoorDash, juillet 2026) : chaque commande ou réservation captée par votre propre site est de la marge récupérée.

Le péché capital : le menu en PDF

La première chose qu'un client cherche, c'est le menu, avec les prix. C'est aussi la première chose que Google cherche. Le PDF échoue des deux côtés.

Côté client, un PDF sur un téléphone, c'est du texte minuscule qu'on agrandit à deux doigts, un téléchargement qui s'ouvre par-dessus la page, des prix illisibles dans le métro. Or c'est exactement là que la décision se prend : à deux, sur un téléphone, à 17 h 45.

Côté Google, la réalité est plus nuancée que le slogan. Google indexe les PDF textuels depuis 2001. Mais beaucoup de menus de restaurants sont des exports graphiques ou des numérisations où le texte est en réalité une image, et Google précise lui-même que les images contenues dans un PDF ne sont pas indexées. Même parfaitement indexé, un PDF ne se connecte à rien : il n'alimente pas le menu structuré de votre fiche Google, il ne s'adapte pas à l'écran, et sa mise en page fige les prix de la dernière impression.

Le menu en HTML règle tout d'un coup : chaque plat en texte, chaque prix modifiable en deux minutes, des sections claires, et des noms de plats qui deviennent des portes d'entrée dans les résultats de recherche. Quelqu'un qui cherche « tartare de saumon Villeray » ne trouvera jamais votre PDF.

Des heures justes et des photos vraies

Les heures d'ouverture sont la promesse la plus facile à briser. Un client qui se déplace et trouve porte close n'écrit pas un courriel de suivi : il écrit l'avis Google qui vous suivra deux ans. La règle tient en une ligne : des heures exactes et identiques partout, sur le site comme sur la fiche, et mises à jour avant chaque jour férié, le moment précis où tout le monde vérifie et où presque personne n'a fait la mise à jour.

Les photos font le travail que le texte ne peut pas faire : donner envie. Deux règles. D'abord, de vraies photos : vos plats, votre salle, votre lumière. Les photos génériques de banque d'images se repèrent en une seconde et installent le doute qu'un restaurant ne peut pas se permettre, celui de l'écart entre la promesse et l'assiette. Ensuite, des photos récentes : la salle rénovée mérite mieux que les photos d'avant les travaux. Pas besoin d'une production léchée ; une demi-journée de photographe par année, ou un téléphone récent utilisé à la lumière du jour, suffit largement.

Un chemin de réservation, pas une chasse au trésor

Réserver doit se faire en un geste, dès le premier écran : un bouton qui ouvre votre module de réservation, ou un numéro de téléphone cliquable. Le formulaire de contact générique qui promet une réponse « dans les 48 heures » est l'endroit où les vendredis soirs vont mourir.

La réservation vit aussi sur la fiche Google, par deux mécanismes : les partenaires Reserve with Google, qui affichent un bouton de réservation directement sur la fiche, et le lien de réservation que vous ajoutez vous-même dans votre profil (Google accepte jusqu'à dix liens par catégorie).

La mécanique des frais mérite d'être comprise avant de signer. Plusieurs plateformes de réservation facturent au couvert lorsque la réservation provient de leur réseau ou de leur application, et facturent moins, parfois rien, lorsqu'elle vient de votre propre site. La logique est la même que pour la livraison : vous payez la demande que la plateforme génère, pas l'outil. Conséquence pratique : chaque réservation captée par votre site plutôt que par le réseau de la plateforme réduit la facture. Traitez votre site comme ce qu'il est : votre canal de réservation le moins cher.

La symbiose avec la fiche Google

Voici la vérité inconfortable : une grande partie de vos clients potentiels ne visiteront jamais votre site. Ils chercheront « restaurant italien Rosemont », regarderont trois fiches dans Google Maps, compareront les photos, les heures, la note et les derniers avis, et décideront là.

Le réflexe serait de conclure que le site ne sert à rien. C'est l'inverse : le site alimente la fiche. Le lien vers votre menu, le lien de réservation, le site officiel : tout pointe vers votre domaine. Google offre aussi un éditeur de menu qui permet d'ajouter plats, descriptions et prix directement sur la fiche, avec une mise à jour visible en 24 à 48 heures. Un menu HTML sur votre site et un menu structuré sur votre fiche se renforcent : même texte, deux vitrines.

Nous avons publié deux guides complémentaires : l'optimisation de votre fiche d'entreprise Google et obtenir plus d'avis Google et bien y répondre. Pour un restaurant, ces deux leviers pèsent souvent plus lourd que n'importe quelle refonte.

Livraison : la commission est un loyer, pas un frais

Les plateformes de livraison publient leurs tarifs. Au Canada, DoorDash affiche trois forfaits : 20 % de commission par commande livrée au forfait de base, 25 % au forfait intermédiaire et 29 % au forfait supérieur, plus une commission réduite de 8 à 10 % sur les commandes à emporter (tarifs affichés sur la page canadienne de DoorDash, consultée en juillet 2026). Les concurrents jouent dans les mêmes eaux.

Ce pourcentage n'est pas un scandale en soi : la commission paie une flotte de livreurs, un système de paiement et surtout de la demande, des clients que vous n'auriez pas eus. Le vrai coût est ailleurs : le client appartient à la plateforme. C'est elle qui détient son adresse courriel, son historique et sa fidélité. Vous louez de la visibilité dans son catalogue, aux conditions qu'elle fixe.

Pour la plupart des restaurants, la stratégie raisonnable consiste à cantonner les plateformes à leur rôle : l'acquisition. Inutile de les quitter. Le nouveau client vous découvre sur l'application ; le client régulier devrait commander ou réserver par votre site, où la commission de plateforme disparaît et où le client est le vôtre. Un encart dans le sac de livraison qui invite à commander directement la prochaine fois fait exactement ce travail.

Gagner « restaurant + quartier »

Les recherches qui remplissent des tables sont locales : « restaurant Limoilou », « brunch Verdun », « apportez votre vin Petite-Italie ». Pour y apparaître, il faut une fiche Google exacte et vivante, un site dont le texte nomme le quartier et les plats (encore le menu HTML), et des avis récents. Le fonctionnement détaillé est dans notre guide de SEO local pour les PME québécoises.

Un mot sur la langue. La Charte de la langue française exige que les menus et les cartes des vins soient rédigés en français ; une traduction peut les accompagner, à condition qu'aucune inscription dans une autre langue ne l'emporte sur le français (article 51). Un menu bilingue en HTML respecte la loi et double vos portes d'entrée dans les résultats de recherche : le visiteur qui cherche « best ramen Old Quebec » mérite une page en anglais, en texte elle aussi. Deux menus en PDF ne font ni l'un ni l'autre.

Par où commencer

Si votre menu est un PDF, commencez là : c'est la correction au meilleur rendement de tout votre marketing. Ensuite, vérifiez vos heures partout, ajoutez le lien de réservation à votre fiche, et remplacez les photos génériques par les vôtres.

C'est un chantier que nous menons régulièrement pour des restaurants et des commerces de quartier : un site en abonnement mensuel, menu HTML bilingue, réservation intégrée, fiche Google alignée. La conversation, elle, ne coûte rien.

→ Parlez-nous de votre restaurant

Ce texte vulgarise une exigence de la Charte de la langue française pour aider un restaurateur à poser les bonnes questions, pas un avis juridique. L'application de l'article 51 (menus, cartes des vins) relève de l'Office québécois de la langue française : en cas de doute, validez votre situation avec l'OQLF ou un juriste. Le texte de loi sur legisquebec.gouv.qc.ca fait foi.

Xavier Peich

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Xavier Peich